45 ans à faire avancer Trois-Rivières
En 2006, la Société de transport de Trois-Rivières soulignait le 25e anniversaire de l’organisation en publiant un ouvrage retraçant l’histoire du transport collectif trifluvien. À l’occasion de notre 45e anniversaire, nous replongeons dans ces souvenirs pour mesurer tout le chemin parcouru.
Tout a commencé avec un tramway

En 1915, Trois-Rivières fait son entrée dans l’ère du transport collectif. La Shawinigan Water and Power met alors sur pied la Three Rivers Traction Company et inaugure une première ligne de tramway de 6,3 kilomètres.
Le maire J.A. Tossier procède à l’inauguration officielle du réseau. À cette époque, douze tramways circulent dans les rues de la ville et permettent de réaliser plus de 412 000 déplacements par année.
Le succès est rapide. Dès 1917, trois nouvelles voitures chauffées à l’électricité s’ajoutent à la flotte. Cette innovation améliore considérablement le confort des passagers et contribue à l’essor du transport collectif. Deux ans plus tard, l’achalandage dépasse le million de déplacements annuellement.
À partir de 1931 : la fin des tramways

Malgré leur popularité, les tramways présentent certaines limites. Les hivers trifluviens compliquent leur exploitation et les coûts d’entretien augmentent. Graduellement, les autobus apparaissent comme une solution plus flexible et mieux adaptée aux besoins de la population.
Le 13 septembre 1933, le dernier tramway de Trois-Rivières effectue son ultime parcours. Une page d’histoire se tourne alors au profit d’un réseau entièrement composé d’autobus.
Fait inusité, plusieurs anciens tramways connaîtront une seconde vie. Revendus à des particuliers, ils seront transformés en chalets ou en résidences saisonnières un peu partout dans la région.
Transport St-Maurice et la famille Carier

En 1938, la Three Rivers Traction passe aux mains de Transport St-Maurice. L’entreprise poursuivra le développement du transport collectif dans la région pendant plusieurs années.
En 1950, la famille Carier fait l’acquisition de l’entreprise et en assure l’exploitation jusqu’en 1975. À cette époque, le coût d’un passage est de seulement sept cents.
Au fil des décennies, le réseau continue de croître, mais les défis financiers deviennent de plus en plus importants. En 1967, un important conflit de travail marque l’histoire du transport collectif trifluvien.
Puis, en 1972, le propriétaire Roger Carier affirme publiquement que l’entreprise traverse une période difficile. La hausse des coûts d’exploitation, du prix des pièces et des salaires remet en question le modèle d’affaires de l’époque. Deux solutions sont alors évoquées : subventionner l’entreprise ou créer une commission publique de transport.
Janvier 1981 : naissance de la CITF

Cette réflexion mènera à un changement majeur.
Le 3 janvier 1981, le service de transport en commun de la Corporation intermunicipale de transport des Forges (CITF) débute officiellement ses activités.
Le coût du passage est alors fixé à 50 cents et le nouveau réseau compte 25 autobus pour desservir les trois villes membres de la corporation.
Quelques années plus tard, la jeune organisation est appelée à relever un défi hors du commun. Lors de la visite du pape Jean-Paul II en septembre 1984, le service régulier est suspendu afin de mettre en place une opération spéciale de transport. Pas moins de 69 autobus scolaires sont mobilisés pour l’événement et environ 15 000 personnes utilisent le service offert.
De la CITF à la STTR

En janvier 2002, à la suite de la fusion municipale, la Corporation intermunicipale de transport des Forges devient officiellement la Société de transport de Trois-Rivières (STTR).
L’organisation adopte alors une nouvelle identité qui reflète la réalité de la nouvelle ville fusionnée et poursuit le développement du transport collectif sur l’ensemble du territoire trifluvien.
Le portrait de 2006
Lors des célébrations du 25e anniversaire de l’organisation, en 2006, le réseau comptait :
- 43 autobus au transport urbain;
- 8 minibus au transport adapté;
- 4 véhicules d’entretien et de service;
- 2 725 000 kilomètres parcourus annuellement en transport urbain;
- 202 200 kilomètres parcourus annuellement en transport adapté;
- 108 employés;
- 3 191 658 déplacements par année.
Vingt ans plus tard : où en est-on?

Deux décennies plus tard, le transport collectif trifluvien a considérablement évolué.
Le parc d’autobus urbains compte aujourd’hui 64 véhicules, soit une croissance de près de 50% par rapport à 2006. Le transport adapté dispose désormais de 16 minibus et parcourt plus du double de kilomètres qu’il y a vingt ans.
L’organisation emploie maintenant 175 personnes et réalise annuellement plus de 2,5 millions de déplacements en transport urbain et adapté. Les premiers autobus électriques sont en service, les usagers peuvent suivre leur autobus en temps réel sur leur téléphone et le réseau couvre l’ensemble du territoire trifluvien.
Et la suite?
L’histoire du transport collectif à Trois-Rivières a toujours été marquée par l’adaptation.
Des premiers tramways aux autobus électriques, chaque génération a dû relever ses propres défis : moderniser les infrastructures, intégrer de nouvelles technologies, assurer un financement adéquat et répondre aux besoins changeants de la population.
Aujourd’hui, les enjeux demeurent importants. Le financement pérenne, la transition énergétique, l’amélioration de l’offre de service, le développement de nouvelles technologies et la croissance de l’achalandage façonneront les prochaines années.
Une chose demeure toutefois inchangée.
En 1915, une ligne de tramway de 6,3 kilomètres réalisait plus de 412 000 déplacements par année sur les rues de Trois-Rivières.
Aujourd’hui, le réseau de la STTR parcourt plus de 3,6 millions de kilomètres annuellement, compte près de 80 véhicules et enregistre plus de 2,5 millions de déplacements annuellement.
Depuis plus d’un siècle, le transport collectif accompagne le développement de Trois-Rivières.
Et après 45 ans d’existence, la STTR continue d’avancer avec la même mission : transporter les Trifluviens là où ils veulent aller.